24 mars 2013 – 24 mars 2015 : à Nantes, des retrouvailles inattendues de L’Avenir pour Tous et de la Manif pour Tous

24 mars 2013 – 24 mars 2015 : à Nantes, des retrouvailles inattendues de L’Avenir pour Tous et de la Manif pour Tous

 Bandeau Débats de L'avenir
Deux ans jour pour jour après la manifestation historique du 24 mars de 2013 à Paris, qui avait rassemblé 1,4 millions de personnes sur l’avenue de la Grande Armée pour la défense de la filiation et de l’engendrement humains avec les couples homosexuels, L’Avenir pour Tous était invité mardi soir à Nantes pour un nouveau Débat de L’Avenir.

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Annick Le Ridant (LAVT), Louis Musnier (LMPT), Françoise Williamson (LAVT), François Bro de Comères (Sens Commun), Alain Clerin et Cedrick Bureau (LMPT) accueillent à Nantes Virginie Tellenne et Xavier Bongibault (LAVT) pour les 2 ans de la plus grande des manifs pour tous de 2013

C’est en plein centre de la ville, à la Brasserie Les Montys que cadres et sympathisants de L’AVenir pour Tous (LAVT), le mouvement de réforme de la loi Taubira, et de La Manif pour Tous (LMPT), qui réclame son abrogation, ont pu, pour la première fois en régions, se rencontrer pour faire un bilan des deux années passées, et tracer des perspectives communes pour 2017. Ainsi, autour de Virginie Tellenne et Xavier Bongibault, présidente et secrétaire général de L’AVenir pour Tous, étaient réunis Louis Musnier et un autre responsable local de La Manif Pour Tous 44, Françoise de Portzamparc, présidente de Familles de France 44 et responsable locale de L’Avenir pour Tous, Emmanuel Tranchant, président du Cercle Jean-Paul II, François Bro de Comères, membre de Sens Commun et Annick Le Ridant, soutien de L’Avenir pour Tous qui a travaillé avec énergie à la réussite de cette rencontre. Tous ont pu donner leur point de vue sur l’évolution du mouvement premier et débattre avec chaleur des perspectives d’avenir.
Virginie Tellenne et Xavier Bongibault ont ainsi rappelé que l’union civile en mairie pour les couples homosexuels sans changement de filiation pour les enfants qu’ils élèvent, était consubstantielle à leurs personnes et systématiquement présente dans les discours et écrits qu’ils produisaient à la tête de La Manif Pour Tous, du 5 septembre 2012 au 23 avril 2013, jour du vote de la loi. Pour eux, c’est bien cette mesure, respectueuse de l’égalité sociale des couples quelle que soit leur orientation non choisie, qui a fait émerger de la défense du mariage homme-femme pour la filiation homme-femme-enfant , bref, de la défense de la « loi de l’Humain » face à la « loi du Marché »,  une impressionnante vague citoyenne et une majorité des Consciences, inédite en France depuis 50 ans.
S’appuyant sur des sondages de 2013 (IFOP/Valeurs Actuelles), 2014 et 2015, (LMPT et LAVT), Virginie Tellenne a fait la démonstration que, dans la population française comme dans celle de LMPT et des catholiques de France, il existait aujourd’hui une majorité politique aussi réelle que taisante pour la réécriture de la loi Taubira sous forme d’une union homosexuelle égale en mairie. Sans changement de la filiation, elle préserve le l’institution du mariage homme-femme procréatif, et renforce même sa supériorité procréatrice par disqualification de la procréation artificielle marchande, majoritairement non souhaitée par les couples homosexuels. C’est cette reconnaissance des couples homosexuels dans leur spécificité non procréatrice entre eux, mais évidemment avec une personne du sexe opposé en dehors du couple, qui permet le rétablissement de l’universalité de la filiation homme-femme biologique. Oui, il faut que les catholiques « intransigeants » discernent ce paradoxe révolutionnaire :  c’est l’union civile hors filiation qui, par la reconnaissance sociale de la dualité des orientations sexuelles, réhabilite politiquement et juridiquement la filiation biologique.
La filiation biologique et la procréation non-marchandesont donc rétablies en France par la convergence de deux acceptations des catholiques et des homosexuels :
– celle  de l’orientation, de l’union et des couples homosexuels par les catholiques
– celle d’une identité homme-femme et d’une filiation biologique universelle par les couples homosexuels
Xavier Bongibault a rappelé que L’Avenir pour Tous est aujourd’hui, à côté du « corps physique » de La Manif pour Tous, l‘  » âme originelle » du mouvement de 2013. Cette association citoyenne indépendante des lobbys, des partis et de la doctrine « religieuse » de  l’Eglise, est un courant citoyen transpartisan qui trouve son inspiration poléthique dans la doctrine « sociale » de l’Eglise et la miséricorde de l’Evangile traduites à la société civile.

 

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Aussi le programme général de L’Avenir pour Tous établit une hiérarchie entre trois normes juridiques, pour aboutir à la restauration durable du primat de l’identité humaine homme-femme. Ce primat permet d’établir une réelle égalité sociale entre les orientations sexuelles, sans risque de basculer dans l’indifférenciation sexuée que réalise l’identité de genres.
1 – Au niveau international, par l’inscription de l’identité homme et femme de l’Humanité dans la déclaration universelle des droits de l’Homme
2 – Au niveau national, par l’inscription de la filiation biologique garantie par l’institution du mariage homme-femme dans la constitution
3 – Au niveau légal, par la substitution dans la loi Taubira du mariage ouvert aux couples non procréatifs par une union maritale égale en mairie, avec mandat d’éducation pour le conjoint éducateur.Ainsi par ces mesures contenues dans la Charte de l’Avenir pour Tous,
1 – la filiation biologique de chaque enfant est rétablie sur son acte de naissance et ne peut plus être modifiée par la loi.
2 – L’ouverture aux techniques de procréation marchandes sont empêchées au plus haut niveau juridique.
3 – Restaurée elle-aussi au plus haut niveau juridique, l’indisponibilité de l’Humain garantit que sa dignité, vitale comme sociale, ne peuvent plus être dépréciées par la loi du marché.
Virignie Tellenne a rappelé que le travail de l’opposition sur cette protection de la filiation était très avancé :  dès décembre 2012, elle avait, avec Nathalie Kosciusko-Morizet, soutenue la proposition de loi d’Alliance civile de Daniel Fasquelle, alors promue dans l’hémicycle par François FIllon le 30 janvier 2013. Evidemment, celle-ci fut balayée sous forme de simple amendement par la majorité socialiste.IMG_0587
Au vote de la loi Taubira, avec Hervé Mariton, Daniel Fasquelle, Homovox, Henri Joyeux et Thierry Vidor de Familles de France, Virginie Tellenne avait annoncé dans les derniers cortèges unitaires des 21 et 23 avril 2013 à Paris, et encore sous les applaudissements de la foule du cortège du 5 mai 2013 à Lyon, l’impérieuse nécessité de soumettre par referendum le remplacement du « mariage pour tous » par une loi d’union ou alliance civile avec l’inscription de la filiation et du mariage homme-femme dans la Constitution.
Pourtant quelques minutes plus tard à Lyon et quelques semaines plus tard à Paris, Virginie Tellenne et Xavier Bongibault ont été contraints de quitter les podiums et le mouvement national, interdits de fait de promouvoir publiquement l’union civile. Ils ne pouvaient rester, face aux medias du pouvoir scrutant tout dérapage du mouvement, en présence de groupuscules radicaux huant et contestant, après les menaces personnelles, par banderoles injurieuses, l’union civile et les couples homosexuels. Et ce malgré la majorité des manifestants qui les soutenaient, mais contre l’avis des cadres, réfractaires à l’union homosexuelle, comme le confirme le sondage ci-dessus cité.
C’est donc contrainte de continuer de délivrer son message à la tête de l’Avenir pour Tous que Virginie Tellenne a défendu une nouvelle proposition de loi de réforme de la loi Taubira, issue de ces manifs de novembre 2012 au 5 mai 2013, avec la Charte de réforme de l’Avenir pour Tous formalisant les trois propositions énoncées plus haut.
Cette deuxième proposition de loi d’union civile post-mariage, déposée à l’Assemblée nationale par Daniel Fasquelle a été présentée par Nicolas Sarkozy au meeting de Sens Commun de novembre 2014. Cette proposition, explicitée par la Charte de l’Avenir et attendue par la majorité des Français sous le terme d’union maritale plutôt que l’inapproprié « mariage homosexuel », a pourtant été effacée médiatiquement par l’exploitation publique du terme « abrogation » : prononcé par le futur président de l’UMP, sous la pression des huées de la salle, il a aussi effacé politiquement toute forme d’union maritale par l’absence de soutien explicite des cadres de Sens Commun, qui comme ceux de LMPT, ne réclament que l’abrogation de la loi Taubira, sans promouvoir en même temps, ou laisser même entrevoir dans le même mouvement de suppression de la loi, la possibilité alternative d’une union homosexuelle spécifique.
Virginie Tellenne s’est élevée à l’époque contre cette négation de l’union homosexuelle, donc des couples, et par là-même de la réforme de la loi Taubira que signifie pour la majorité des Français le terme « abrogation« , utilisé péjorativement par tous les medias, confessionnels comme généralistes. Car cette demande d’abrogation de la loi, que l’on veut faire passer pour unique en France, est rejetée par 73% des Français. Par le jeu d’amalgame des medias, elle conduit à faire rejeter toute autre tentative, aussi équitable soit-elle, de retour sur la loi, et conduit donc à sacraliser, à travers la loi Taubira devenue intouchable, une filiation déconnectée de toutes origines biologiques. L’abrogation est la clé de l’ouverture du marché de la procréation marchande.  Elle conduit tout autant politiquement à radicaliser le mouvement des Consciences et la défense de l’Humain et à dissoudre un peu plus, par la disparition ou la condamnation des chrétiens dans  la vie publique, ce qu’il reste, dans ce même espace public, du christianisme en France.
On comprend mieux pourquoi les medias au service du pouvoir et de la politique de François Hollande ne diffusent, depuis 2013, que cette même et unique voix de la sacro-sainte « abrogation« .
Les conséquences politiques d’un seul message public abrogationniste, diffusé par une multitude de nouvelles structures.
Depuis la mise en place à la tête de la Manif pour Tous des partisans de la seule abrogation de la loi, le mouvement unitaire initial s’est morcelé en une myriade de nouveaux partis et associations. Virginie Tellenne a salué cette pluralité d’entités décidées à défendre le rétablissement de la filiation biologique et la non-marchandisation de l’Humain, mais a mis en garde contre l’absence de pluralisme dans les solutions préconisées, puisque toutes  prônent l’unique abrogation de la loi.
En l’absence de la seule voix réformiste de l’Avenir pour Tous, boycottée ou villipendée par les medias depuis 2013, et sans la possibilité depuis deux ans de réunions publiques communes avec les autres associations et partis post-manifs, les Français sont contraints d’adhérer, sur le sujet de l’Humain et de la loi Taubira, à la seule solution abrogationniste obligatoire. Ou de tout abandonner devant cette intransigeance vis-à-vis des couples homosexuels. Du coup, et comme on l’a vu, ils rejettent l’abrogation en masse, et la réforme de la loi avec, par ignorance de la différence entre mariage et union,  ou par lassitude de ne pas voir, ou reconnaître, de représentants modérés pour défendre différemment la filiation et la procréation biologiques.
Cet unanimisme public entretenu à dessein par le pouvoir a pour but de radicaliser l’opinion des sympathisants du mouvement de 2013 pour faire monter le Front National, comme l’explique depuis mars 2014 Virginie Tellenne dans son livre « Qui suis-je pour juger ? » (Salvator) : le pouvoir et les entités post-manifs, refusant tous de promouvoir une union homosexuelle alternative qui seule garantit l’adhésion de la majorité des Français au retour à la filiation bio, ils engendrent mécaniquement un double transfert des voix du mouvement de 2013 : celles des militants LMPT et alliés mécontents d’être ignorés depuis deux ans vont vers le Front National, affiché abrogationniste dans sa nature et sa porte-parole Marion Le Pen, et ceux des modérés qui ne connaissent, ou ne voient pas LAVT comme une possibilité efficace, vont vers l’abstention, ou se résignent aux partis qui ne veulent plus toucher à la loi Taubira. Faute de visibilité de ce mouvement citoyen modéré, pouvant fédérer leurs attentes sur la filiation, ils préfèrent abandonner le combat. Il se produit ainsi depuis deux ans une lente érosion quantitative du mouvement de part cette double division-exclusion.
Ainsi les partis abrogationistes organisent à leur insu une réduction définitive du large mouvement des Consciences en un pourcentage à 1 chiffre, détruisant définitivement toute possibilité d’être pris en compte au moment de l’alternance de 2017.
Quant au FN, il ne donne pas plus d’assurance d’abroger la loi, bien au contraire. Car étant minoritaire et contesté idéologiquement, il réduit ipso facto les sujets de l’Humain  à un domaine « tabou » et médiatiquement intouchable. Il compromet ainsi, comme pour l’immigration ou le débat sur l’Euro, toute possibilité pour un futur parti majoritaire – s’il en existait seulement un qui en aurait le désir, ce qui reste encore à démontrer par une volonté politique à réveiller – de se saisir à nouveau de ces débats, pourtant incontournables pour une majorité des Français.

Cette analyse de la FNisation du combat pro-filiation et pro-Humain est confirmée par le nombre des candidats départementaux ayant signé la Charte LMPT en Loire Atlantique : sur 65 signataires, 44 sont FN et 21 UD. Pour le reste des départements, la proportion de signataires FN est encore plus forte. Car la charte départementale LMPT, même si, à la différence de la charte des municipales de 2014, ne mentionne pas explicitement le terme d’abrogation, elle défend exclusivement un principe familial biologique unique, sans mention de mesures à destination des couples homosexuels ni des familles recomposées.

Ainsi est expliquée par les leaders de l’Avenir pour Tous la mécanique dite « abrogationiste » qui a permis à François Hollande, depuis qu’il a fait exploser le mouvement des Consciences à la promulgation de la loi le 17 mai 2013, de réaliser l’intégralité de son programme de disparition de la loi de l’Humain au profit d’une pseudo loi d’égalité des minorités, qui n’est que le prétexte pour la mise en place sans contrainte bioéthique, ni contestation politique légitime, de la loi du Marché.

Xavier Bongibault a ainsi égrené la litanie des mesures votées en catimini et en rafales, sous l’émergence d’une seule parole « abrogationniste » consécutive à la scission du mouvement

 

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Virginie Tellenne a conclu que c’est bien cet engrenage inexorable :
– pouvoir libéral-libertaire s’appuyant sur les minorités pour détruire la norme universelle
<–> opposition religieuse radicale prônant une « loi naturelle » universelle excluant la diversité des minorités
– opposition politique inexistante, faute de base électorale conscientisée et organisée en incluant les minorités

qui conduit à la disparition de la loi « naturelle » de l’Humain au profit de la loi « technicisée » du Marché.

L’être humain est alors réduit à un produit de fabrication, de consommation puis de destruction :
• cette disparition de la « loi de l’Humain » au profit de la « loi du Marché » mise en place par le pouvoir libéral-libertaire se réalise définitivement sous la pression d’une « loi naturelle » dogmatique imposée à la société par ceux qui, sous le cri de guerre de l' »abrogation », refusent la « loi de Fraternité » nécessaire à la vie en société.

Cette loi « naturelle » inflexible se trouve alors condamnée moralement et politiquement (FNisation) par la majorité des citoyens qui rejettent l’attitude intransigeante des tenants abrogationnistes vis-à-vis des minorités (cf. pour la loi Taubira, abrogation = refus de toute union homosexuelle.)

Plus grave encore, cette imposition inflexible de la loi « naturelle » aboutit à la condamnation médiatique et idéologique de toute norme supérieure universelle issue de la civilisation judéo-chrétienne et défendue par la religion catholique. Ainsi, cette loi « naturelle » ressentie par la société comme inhumaine par l’exclusion des minorités devient-elle complice de l’instauration de la loi du Marché destructrice de la dignité de l’Humain. C’est donc la double peine pour  la personne humaine, dans sa nature transcendante et dans sa dignité sociale.
C’est aussi celle des valeurs issues du christianisme : la « loi naturelle » exclusive conduit sous la propagande laïciste du gouvernement à faire disparaître progressivement toutes les valeurs issues du christianisme et sécularisées dans la devise trinitaire de la République : liberté-égalité-fraternité. Ainsi, le seul engagement de campagne que François Hollande n’a pas réalisé est l’engagement n°46, sur la constitutionnalisation de l’art 1 de la loi de 1905 qui respecte la liberté de culte.

Conscients de l’impuissance actuelle à contrer la politique de déconstruction de l’Humain, mais aussi qu’un simple retour à la configuration du mouvement de 2013 n’est ni possible ni souhaitable, décidés à ne plus se laisser manipuler et à répondre à la demande d’unité de la base, tous les militants LMPT et LAVT présents mardi 24 mars à Nantes ont admis que le temps des querelles et des divisions devait cesser : décidés à œuvrer pour 2017, ils sont convenus que seules les rencontres sur le terrain, et la coexistence publique et pluraliste des différentes sensibilités du mouvement de 2013, avec la reconnaissance de l’Avenir pour Tous comme partenaire légitime, permettront d’enrayer la disparition du mouvement. Il s’agit désormais de retrouver  une majorité, qui, à l’instar des manifs des 13 janvier et 24 mars 2013, aura une représentativité incontestable pour être prise en compte par les candidats à la présidentielle de 2017, et avec elle, le retour à la filiation biologique par la réforme de la loi Taubira.

C’est par ailleurs la seule chance d’envisager inverser ensemble l’inéluctable mouvement de la trans-humanité sans conscience.

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