Nous marchions avec un homo et son panneau «Homopposé»

Nous marchions avec un homo et son panneau «Homopposé»

Nous avons quitté Toulon par le TGV de 9h20 le vendredi 11 janvier. Quelle ne fut pas notre surprise de retrouver sur le quai de la gare un certain nombre de connaissances qui montaient à Paris pour la manif! Le samedi 12, Alain était en réunion du conseil d’administration de la CNAFC pour préparer entre autres le discours qu’Antoine Renard devait prononcer. Le dimanche 13, nous nous sommes dirigés vers la Place d’Italie pour retrouver les troupes en provenance du sud-est de la France. Dès la sortie du métro, nous sommes surpris par l’accueil des bénévoles qui distribuaient les drapeaux blancs signe de reconnaissance du cortège au départ de la Place d’Italie. Au passage, un petit coup de maquillage pour Melissa et Alain.

l’engagement personnel, et non tel ou tel partiIl faisait frisquet, et nous sommes vite entrés dans le café le plus proche. Il était bondé. Le temps de déguster de bons cafés dans une ambiance très chaleureuse, nous avons aperçu au dehors des têtes connues arrivées par le TGV spécial qui avait quitté Toulon à 7h du matin. Après des retrouvailles dans tous les sens, nous nous sommes retrouvés en charge de la banderole des «Provençaux pour le mariage Homme femme et la filiation Père-Mère-Enfant» aux côtés de Catherine Giner, d’un «Homo anti-mariage pour tous» de Marseille avec son panneau «Homopposé» et des membres des AFC de Marseille, d’Aix, de Toulon de Saint Raphaël et tant d’autres Nîmes, Montpellier etc.

Frigorifié, Alain bénéficiait du bonnet d’une très bonne amie pour se réchauffer et portait à bout de bras la banderole dans une main et le panneau avec affiches de l’autre, tout au long du parcours. Catherine Giner, à ses côtés, haranguait les Marseillais. Tous les slogans et chants y sont passés. Au début du parcours où l’on a piétiné un certain temps, Melissa a été interviewée  par une journaliste du World Magazine. On a su quelques jours après, grâce à l’un de nos cousins américains qu’un article reprenant ses paroles était publié. Les questions portaient bien évidemment sur le mariage gay et le soulèvement du peuple de France devant le projet de loi du mariage pour tous.

Tout le long du parcours, que de joie et de bonne humeur ! Les râleurs étaient manifestement absents. Nous avons croisé bon nombre de prêtres et de religieux qui s’étaient mêlés à la foule tout en restant discrets.

ccdbghdbVers 17h30, nous atteignions tout juste le début du champ de Mars en croisant de nombreux manifestants qui repartaient déjà. Ah, qu’est-ce que tu fais là? Et toi? Nous avons fait de nombreuses rencontres surprises, étonnement garanti ! Après avoir restitué la grande banderole très loin de l’estrade, nous avons essayé de nous rapprocher tant bien que mal dans la gadoue. Devant nous, une marée de drapeaux roses et bleus. Manifestement ou nous étions plus nombreux dans le cortège des blancs ou nous sommes partis très en retard. Peu importe, le principal était de participer.

Toujours frigorifiés, nous avons écouté les discours jusqu’au bout. L’annonce des 800000 manifestants a soulevé une bronca dans la foule ! Il faisait nuit et il pluvinait froid. Les Varois et les Marseillais étaient déjà repartis vers la gare de Lyon. Nous avions la chance de ne repartir que le lendemain après-midi.

Pour se réchauffer un peu, on a vite marché vers un bar ouvert du côté de l’avenue de Suffren pour prendre un bon chocolat chaud. Après avoir passé un coup de fil au frère d’Alain qui rentrait du Berry sur Paris, nous l’avons rejoint à son domicile prenons le métro à Dupleix. Là encore, nous avons marché aussi vite que possible sous la pluie au milieu d’une foule toujours dense : épique. Surprise au métro où la police nous attendait pour nous faire entrer sans ticket! On ne s’est pas fait prier.

La soirée a été consacrée à raconter cette journée avec enthousiasme. Nous reçûmes de chaleureuses félicitations. Nous savions que nous serions à nouveau de la partie même si nous ne connaissions pas encore la date du 24 mars.

Bref, on s’était juré de se couvrir un peu plus la prochaine fois. La propriétaire du bonnet prêtée à Alain a dû attendre plusieurs semaines avant de récupérer son bien !

Dans le train du lundi sur Toulon, il y avait bien sûr des manifestants qui étaient plus facilement reconnaissables avec les drapeaux, sweats et autres gadgets récupérés pendant la manif. L’heure était autant à la récupération style assoupissement qu’à l’euphorie de cet événement exceptionnel que nous venions de vivre.

Alain & Melissa

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